18 juil. 2011

Le profit avant l'environnement?

L'Etat, à travers la CDG et ses filiales, développe des zones industrielles sectorielles selon un business model classique: la conception des zones, le lotissement et la vente de lots aux industriels. Nous sommes ici dans une logique purement commerciale, l'objectif pour MedZ par exemple est de faire du chiffre d'affaires.
C'est de l'immobilier industriel moderne.

La plupart de ces industries, clientes de l'Etat, rejettent des effluents industriels pollués, parfois directement dans le milieu naturel en cas de non intégration au réseau local (de la zone, de la ville). Ces industriels sont parfois équipés de stations de traitement, souvent sous dimensionnées et donc inadaptées. La zone industrielle ne dispose que très rarement de station de traitement globale, et l'exploitant de la zone oblige alors ses clients à se conformer à un cahier des charges peu contraignant.

La majorité des industries installées dans ces zones opère dans l'agroalimentaire. Le process de production entraine des effluents, évidemment, mais aussi des boues. Ces boues polluées sont extraites physiquement des sites pour être acheminées quotidiennement par camions vers les décharges publiques, toutes saturées. Ceci constitue un coût pour les industriels, qui finissent pas ne plus traiter leurs effluents et à abandonner leurs stations de traitement.
La situation est critique dans la ZI d'Ait Melloul, à Haliopolis, et ce sera certainement aussi le cas à Agropolis à Meknès.

Voici alors quelques recommandations:

- dès la conception des ZI, tenir compte de l'installation de stations de traitement globales par l'aménageur,
- obliger l'intégration pour les industriels au réseau global, en contre partie, le traitement en amont chez l'industriel sera moindre,
- facturer mensuellement une taxe de dépollution (cela permet d'autofinancer le projet),
- changer la législation pour permettre la décomposition des boues en compost utile pour l'agriculture.

Si quelqu'un connait quelqu'un à la CDG, merci de faire passer.