20 juil. 2006

Meanwhile in Groenland

C'est tout de même étrange : il se passe pas mal de choses en ce moment, assez en tout cas pour noyer certaines informations capitales.

Oui, la Coupe du Monde vient à peine de se terminer, et on parle encore du pétage de plombs de Zinédoune De Zidane. Reste que les attaques d'israel sur le Liban dominent l'information, reléguant même les morts quotidiennes en Irak au second plan. Je ne parle même pas de l'Afghanistan, de la Corée du Nord ou de la croissance chinoise. Un peu de chikungunya aussi avec un zeste de canicule mondiale pour couronner le tout.

Par ailleurs, le G8 s'est réuni la semaine dernière, avec pour objectif premier d'apporter de nouvelles visions en terme de politique énergétique mondiale. Un coup dans l'eau estiment les journalistes occidentaux et même nationaux, le pétrole flambe. 100 euros le baril en décembre.

Et plein plein d'infos du même type.

Et bien pour moi, l'information capitale de ces dernières semaines, c'est l'ouverture d'un appel d'offre pour des concessions d'exploration pétrolière.

On s'en fout vont crier certains jm'enfoutistes de gauche.

Et si je vous dis que c'est au GROENLAND? Que Total fait partie des pré-sélectionnés? Que BP se retire justement d'Alaska à cause de l'inadéquation des techniques et matériaux utilisés dans l'exploration par rapport aux particularités des sites d'exploitation?

Franchement, quelqu'un veut bien m'expliquer ce qui se passe?

6 juil. 2006

I'm back : Left Channel

La vie c’est sympa, mais souvent, c’est beaucoup de contrariétés, surtout pour moi : je suis gaucher. Du coup, c’est la prise de tête quotidienne. Ok, certains vont encore dire que je passe mon temps à râler, ils auront raison. Je les aime quand même.




A l’école, j’ai toujours été dernier en dessin ou en géométrie (dès qu’il y avait des trucs à dessiner ou à couper, je perdais systématiquement, Perfect). Les travaux pratiques relevaient de la punition, je me souviens même de ce qui était indiqué sur les boites Maped : « Le biseau des couteaux est placé à gauche pour une coupe franche à droite». Ah les Salopards. Dernier aussi en travaux pratiques donc. Autrement, j’avais banni les cahiers à spirale, parce que c’était impossible d’écrire correctement (surtout en français).

A la maison, le cauchemar pouvait se poursuivre, tranquillement. J’ai défiguré tous mes gâteaux d’anniversaire, la pelle à tarte ayant toujours son foutu tranchant à gauche. Les Iles Flottantes se terminaient en « Coulis de Crème Anglaise sur la Nappe », les louches ayant toutes le bec verseur à gauche… J’ai aussi failli perdre un doigt à chaque fois que j’ai tenté d’utiliser un sécateur. Donc pas de jardinage avec papa maman durant l’enfance. D’où mon désir actuel de jardinage sous lumière artificielle, tout s’explique.

Mais poursuivons plutôt cette plainte inutile : quand j’essaie d’ouvrir une simple porte, c’est la prise de tête. Pareil pour la souris du PC, ou les programmes de transcription d’écriture sur Tablet PC, qui ne sont tout simplement pas compatibles pour les gauchers, les manettes de jeu vidéo, mais ça à la limite, ça passe, car non vital, c’est pour le boulot ou le divertissement, et dans les deux cas, le temps fait bien les choses.

Bonne transition sur le temps, petit flash-back, en CE2 plus précisément. Le prof, qui s’appelait Philippe, ou Bruno, ou Frédéric (break blanc Renault, abonnement au CAFC, enfants mousses et femme alpiniste) nous demandait le jour en question de ramener une photo, un portrait, de face si possible d’êtres humains lambda. J’avais donc découpé une photo de bébé de face et l’avais ramenée en classe. Exécution totale à l’époque. Avec du recul, je lui mettrais bien du .50 dans la tête, enfin…et donc, l’idée était de couper l’image à la verticale en son milieu, ce qui permettait de partager le doux visage en deux parties rectangulaires. Tout le monde s’y étais mis, même le petite Christine. Christine était probablement la plus jolie de la classe. Je l’ai revue il y a 3 ans à la plage, elle va bien. Elle est à présent top canon, dotée d'un incroyable petit cul à la tchèque tout à fait saisissant. Mais revenons to the story, ne laissons pas mon côté gaucher partir en vrille et niquer cette intéressante anecdote.
Christine héritais donc de la moitié de mon image, au moment où l’ordre de nous activer nous tomba sur la gueule : il s'agissait de reproduire l’autre moitié, à main levée. Le supplice total. Philippe/Bruno/Frédéric passa alors en fin de journée dans les rangs, récupéra tous les travaux, et les accrocha à l’aide de punaises sur le tableau en liège.
Résultat perso : j’ai dessiné comme une merde l’autre moitié du visage du bébé, on aurait dit un bébé mort depuis 3 semaines dans un squat d’héroinomanes écossais(blink). Christine elle, avait reproduit l’autre moitié à la perfection, style Michel Ange à 11 ans. Je soupçonnais alors sa mère d’être une grande artiste Parisienne reconvertie en grande prêtresse de secte d’expatriés au Maroc, en vain…

Pour la petite histoire, j’avais hérité du côté droit, et je devais reproduire le gauche, ce qui m’est, aujourd’hui encore, naturellement impossible. Je songe alors à intenter un procès pour « Dommages moraux sur mineur gaucher ». Pendant près de 15 ans, ma grand mère m'a agressé à coups de "N'utilise pas la main du Diable pour manger". Elle aussi mérite comparution devant tribunal.
Ou non, je préfère m'en foutre, quand je vois ce qu’ont pu réaliser mes semblables (Léonard de Vinci, Albert Einstein, Ramsès II, Tiberius, Alexander le Grand, Charlemagne, Jules César, Napoléon Bonaparte, Fidel Castro, Henry Ford, David Rockfeller, et pour finir, le plus dangereux gaucher de tous les temps, Jack l’Eventreur) je réalise que tout ça c’est du vent et que la vie n'est pas facile, qu'on soit gaucher ou droitier.

25 mai 2006

Blood Sweat and Tears (*)

CONSEIL

Le texte qui suit est une fiction.
Certains passages sont réellement hardcore. Parfois gratuitement. C'est comme ça.
Donc arrête de lire ici si tu crois que ta sensibilité peut être froissée par ces pauvres lignes. Vraiment.



Parfois les gouars innovent en nous pondant des néo-concepts à la con, des concepts qui -dans le cas à suivre et de manière générale- marquent le plus souvent le comportement naturellement frivole et innocent des jeunes, en semant la graine de la peur dans leur esprit, en leur imposant un lien inconscient, pont invisible mais pourtant bien présent entre le plaisir et la mort. Les deux sont quasi indissociables, des philosophes postulant par ailleurs que la jouissance sexuelle n’est que le masque que revêt la mort pour mieux nous séduire.

Erection. Panique. Pression.

Le concept du « Bob », « celui qui conduit ne boit pas », s’inscrit dans cette logique infâme. Ce soir, c’est moi le Bob et pour savourer cette expérience unique, j’ai exceptionnellement accepté de sortir de ma tanière dans le but de me fondre dans la meute nocturne locale. J’avais justement envie de retrouver ce petit plaisir de première sortie/expérience, assimilable à la joie ressentie par tout puceau décent se délectant pour la première fois du nectar acide et tiède du sexe de sa partenaire, qui tel un ruisseau de montagne, coule le long de ses cuisses.

Après une soirée acharnée, mon groupe s’est complètement disloqué et c’était bien prévisible. Ce qui l’était moins par contre, c’est cette petite traînée outrageusement défoncée qui me collait aux basques depuis vingt bonnes minutes. Pour dire vrai, elle est trop bien foutue : cheveux noirs mi-longs, yeux gris, seins plus qu’acceptables (à vue de nez, au moins du 85 c, en général je ne prête pas attention en dessous de 90 D, mais bon, c’est l’effet Bob), jambes average, mais petit cul monobloc, bien musclé et je suppose -vu la trace du string au dessus du jean- bien bronzé. Pour moi une nana bien foutue, c’est d’abord une bonne gueule. Enfin…

D’après elle, j’ai une bonne écoute. Normal, je suis Bob. Synthèse : ses parents sont heureux en couple et cela semble la déprimer, mais elle est sortie avec un Bob pendant 2 ans et donc voilà, avec moi, elle se sent bien. C’est le loop. Considérant que l’amour originel n’existe plus, elle me frime en avouant que ce qu’elle chérit le plus dans ce monde de brutes, c’est justement sa liberté de femme moderne, dans les rapports humains, le travail et le sexe bien entendu. En français ça donne quelque chose comme : « J’aime boire, j’achète ma C moi-même au Maârif, j’aime sortir seule et si j’en ai envie me faire défoncer l’anus par un grand black bien baraqué ».

Je me suis donc décidé à répondre à ses besoins. Let’s roll.

«

- Moi : Et donc t’as 22 ans ? Ma voisine a le même âge que toi mais elle fait moins pute.

- The Bitch : J’hallucine que tu me parles comme ça ! T’es taré ou quoi ?

- Moi : Non tu as raison et je m’excuse.

- The Bitch : Non mais t’es chié de la tête ou quoi ?

- Moi : Ecoute ma poule, t’as vraiment l’air défoncé, donc j’essaie de marquer la conversation pour que tu puisses réagir de la manière la plus naturelle possible. Tu te trouves sexy ce soir ? T’es foutue comme un tube digestif sur pattes. En plus, tu sens le chacal. De quoi tu veux qu’on parle putain ? Ah oui je sais, tu connais les lamantins ?

- The Bitch : Quoi ?

- Moi : C’est un mammifère marin. Une sorte de mini baleine otarie. Très mignon.

- The Bitch: Tu me fais chier. Je me tire. » Elle essaie de se lever, mais ne parvenant pas à gérer sa sortie du tabouret, elle se rassied.

« - Moi : Et tu devrais moins fumer aussi. Tu sais quoi ? J’en viens parfois à regretter les sixties, l’innocence des jeunes vierges s’éclatant sur de la musique pop naïve, de la musique néanmoins dansable. Maintenant vous vous ressemblez toutes : petites putes de Mango bourrées au mauvais sky.

- The Bitch : Qu’est ce que tu reproches au sky ?

- Moi : Je sais pas, je trouve que ça fait pute. Tu pourrais passer plus classe en buvant des vodkas-martinis, des vodkas-citron ou d’autres cocktails à la con. Tiens, un Daikiri ça irait bien avec tes yeux.

- The Bitch : Ecoute mon gars, ne me gave pas trop ce soir : après tout ce que j’ai bu, je risque de te gerber dessus !

- Moi : Bravo. Quelle classe ! T’as réussi à m’exciter en m’appelant « Mon gars ».

- The Bitch : Beurp ! J’ai envie de vomir.

- Moi : De toute façon, ton comportement pour les six heures suivantes est trop prévisible .Voici exactement ce qui va se produire : tu vas boire deux trois verres, supplémentaires, après tu vas vouloir sniffer de la coke et tout ce que tu pourras trouver dans le coin c’est de la dope coupée au laxatif, ensuite on va aller chez toi, où tu vas d’abord chier la C que tu auras tapée, tu te serviras alors un grand verre d’eau gazeuse, te fumer un petit pet pour redescendre tout en écoutant une compile d’ambiante aseptisée. Ensuite, je vais te choper, te torturer ton petit cul, et ensuite, tu vas chialer ta race.

- The Bitch : OK. T’es du genre hardcore. Ca tombe plutôt bien. Je suis d’humeur trash ce soir.

- Moi : Que tu crois. Je vais te péter ton petit cul. Genre sévère, et ensuite, tu vas en redemander. Deux mains ça passe ou pas ?

- The Bitch : Pardon ?

- Moi : Non, rien. Je disais juste que le temps passe vite. Allez, ressers toi un verre, c’est pour moi.

- The Bitch : Merci. »

Quatre verres plus tard.

«

- The Bitch : J’ai plus envie de boire. Et toi ?

- Moi : Je n’ai bu que des Sidi Ali ce soir, donc voilà.

- The Bitch : Ah oui, c’est toi le Bob ce soir. Où sont les autres ?

- Moi : Ils sont tous partis il y a une heure.

- The Bitch : J’ai pas envie de rentrer chez moi. Tu habites loin d’ici ?

- Moi : Non, on peut même y aller à pied si ça te chante.

- The Bitch : J’ai envie de m’allonger.

- Moi : Ok, allez, on se casse. Tu viens avec moi ?

- The Bitch : T’as quoi comme bagnole ?

- Moi : J’ai une Peugeot.

- The Bitch : 307 ?

- Moi : Non, 206. Essence.

- The Bitch : Le dernier mec avec qui je suis sortie avait un Range Sport. »

Mais le dernier mec que tu t’es tapée ma petite chérie ne t’a pas défoncé le cul comme j’ai pu le faire hier. T’étais tellement bourrée qu’au début, j’avais l’impression de manipuler une poupée en latex, désarticulée.

Seul aspect positif dans le fait de se taper une nana bourrée : la fellation. Elle y mettait vraiment du cœur, en se disant qu’au fond il valait mieux prodiguer une bonne fellation d’intro que rien du tout…C’était mal me connaître.

En effet, en appliquant les méthodes de persuasion militaires déclinées dans le contexte sexuel, on peut parvenir à tout. Pour mieux lui choper son petit cul, j’ai d’abord passé trente bonnes minutes à la fister. Un doigt. Puis quatre d’un coup. Puis toute la main. Puis les deux mains. Le tout à sec, sans huile, sans rien. Au début, elle hurlait. Ensuite, plus rien.


Le Bob qui encule à sec.


(*) Du sang, de la sueur et des larmes

25 avr. 2006

We are family : une lecture juive du coran où Muhammad SAW serait juif

Voici la retranscription de ce que j'ai pu lire ici.


Une lecture juive du Coran de Hai Bar-Zeev
Editeurs Berg International
19,00 euros


Voici un livre pour le moins étonnant. Et original. Il passionnera les uns et exaspérera les autres. Il faut dire que tout ce qui touche au Coran et à l’islam ne laisse pas indifférent.

La vie de Mahomet, comporte, on le sait, beaucoup de zones d’ombre.

Et la lecture du Coran laisse souvent perplexe et interrogatif. L’auteur, qui enseigne la tradition et l’histoire juives et qui écrit sous un pseudonyme, possède une érudition incontestable. La théorie séduisante qu’il nous propose a donc été élaborée documents à l’appui.

Pour Haï Bar-Zeev, le Coran que les Musulmans utilisent de nos jours, n’est pas le Livre que Mahomet, dans sa prédication mecquoise, cherchait à faire connaître aux Arabes.



Évoquant l’hypothèse d’une judéïté du Prophète par sa mère,


Bar-Zeev tente de répondre à une question qui vient immédiatement à l’esprit de tout lecteur du Coran : comment se fait-il que Mahomet se réfère si souvent à la Bible ? Où a-t-il appris tous ces récits qu’il raconte à son tour ? Réponse : il avait un maître juif. Et lorsque nous lisons, dans une sourate : « Dis » ou « Réponds », c’est le maître qui parle.

Autre piste intéressante, celle de l’explication des petits sigles mystérieux que l’on trouve en tête de nombreuses sourates du Coran : A.L.R. ou A.L.M. C’est tout simplement de l’hébreu, nous dit Bar-Zeev : Amar Li Rabbi et Amar Li Mori, ce qui veut dire : « Mon maître m’a dit ». « Se non è véro è ben trovato », affirme l’adage italien. Conclusion : « Il est donc évident que lorsque Mohammed parle du Livre qu’il nomme le Coran, il ne s’agit pas du Coran Moushaf ‘Uthman, mais de la Torah, le Livre de Moïse, qu’il désigne sous le nom de Coran... »

Ainsi donc, ‘Uthman, troisième calife et gendre de Mahomet, bien après la mort du Prophète, aurait assemblé deux sortes de textes : les récits bibliques que Mahomet appelait Coran et qui étaient en fait un condensé de la Torah et un carnet de bord rédigé probablement par Waraqa, l’oncle « juif » de Mahomet converti au christianisme. À Médine, après sa fuite, Mahomet eut, nous dit l’auteur, un second maître, chrétien, cette fois, ce qui explique la teneur des versets médinois.

Cette lecture juive du Coran est tout à fait passionnante et, à l’heure d’un certain rapprochement entre Juifs et Musulmans de France, elle devrait faire l’objet de franches discussions entre théologiens et spécialistes afin que le public en sache plus sur les origines de l’islam. Jean-Pierre Allali Éditions Berg International. Septembre 2005. 222 pages. 19€ Source CRIF

Présentation de l'éditeur :

Le Coran n'est pas un livre facile d'accès et les études censées favoriser sa compréhension sont généralement insatisfaisantes. Elles s'appuient principalement sur la tradition musulmane qui ignore ou occulte trop souvent ce qu'elle doit au judaïsme. Cet essai sera donc d'un grand secours.

Cette lecture juive du Coran, basée sur les sources fondamentales du judaïsme, met en lumière la polémique entre Mohammed et les juifs évoquée par le Coran, ce qui permet de comprendre les divergences essentielles entre le judaïsme et l'islam.

S'il existe des ouvrages qui exposent la façon dont les musulmans perçoivent la religion juive, aucun écrit de langue française n'exprimait à ce jour, si complètement, le point de vue juif sur l'islam.


Kusodomo : quelqu'un a un truc à dire là-dessus ou quoi?

20 avr. 2006

Ecrit il y a 3 ans : Mozart

Hier soir, j’ai pleuré comme un gosse fraîchement orphelin, sans raison particulière, simplement en écoutant la plus belle messe des morts de tous les temps, en l’entendant transpercer mes poches lacrymales, me faisant ressentir l’infini de sa puissance libératrice. C’était la voix de Dieu à travers la musique de Mozart.

L’écouter, mais l’écouter vraiment, comme Mozart disait " entendre", est une invitation au voyage ; un voyage au bout de la nuit (!), un voyage au fond de soi. L’écouter et l’entendre, est, pour un mélomane croyant, une prière assurément portée jusqu’aux cieux. L’écouter et l’entendre, lorsque l’on n’est pas croyant, est un instant qui porte vers le doute et le désir d’admettre que Mozart pourrait être à lui seul, la preuve, le plus bel argument de la foi en Dieu.

Il existe des choses sur cette terre (je pense, allez, osons !) qui ne laissent plus de place au doute : Dieu existe. Affirmation agressive s’il en est, mais bon, il y a clairement lieu d’en débattre autour de diverses boissons et substances illicites.
Je disais donc, que l’une de ses manifestations est l’amour que nous portons au son, aux mélodies, aux rythmes, aux émotions. Son culte est la musique.

Les intégristes de mon pays adorent ce même Dieu unique, et pourtant, ont-ils été capable de lui rendre un hommage aussi éternel et surréaliste que celui d’être sa voix, ne serait-ce que le temps d’une composition ? A leurs yeux aveuglés par la tyrannie et la peur de la mort, le chant divin d’Amadeus est un blasphème, une déviation de la foi. L’hymne des infidèles et des non-croyants selon les mouvements les plus radicaux.
Mais, et pour paraphraser un philosophe mort (en fait tous les trucs tops à dire, les phrases qui marquent, ont été écrits et dits par des morts, enfin, là n'est pas le sujet), chacun porte ses sentiments et ses convictions là où la vie le mène.
Les miens me rapprochent de Mozart et de Dieu, le font vivre dans mes tympans, dans mon cœur, libérant mon âme.

Amadeus, dans une correspondance avec son père suite au décès de sa mère, affirmait -quel génie décidément- que, « comme la mort, il faut bien l'avouer, est le but final vers lequel nous courons, je remercie Dieu de m'avoir accordé la possibilité de comprendre que la mort est la clé qui nous ouvre la porte de la véritable béatitude. Je ne me couche jamais le soir sans me dire que, si jeune que je sois, j'ai peut-être vécu mon dernier jour. Et pourtant personne autour de moi ne peut dire que je me montre triste ou mécontent en sa compagnie. »

Il faut rendre justice à Amadeus : il a chanté la mort avant de l’avoir « immortalisée », sous la forme d’un océan de notes et de voix graves et aigues, jeunes et vieilles, une boîte à musique divine en offrande à une humanité désespérée de rencontrer son créateur.

" Son dernier souffle fut comme s'il voulait avec la bouche, imiter les timbales de son requiem, je l'entends encore " se souvient sa belle-sœur Sophie Haibel. Possédé par son génie, Amadeus le mortel a bel et bien été cet instrument de Dieu. Aujourd’hui mort mais nous pouvons tous, si chacun d’entre nous le souhaite du plus profond de son cœur, tel le Phœnix renaissant de ses cendres, le faire revenir à la vie, éternellement. Libre à nous de le faire revivre, selon nos envies.



Note : honnêtement, j’ai écouté n versions du Requiem, dont celle de Herbert Von Karajan, qui n’est pas mal, mais qui est loin d’atteindre le niveau de perfection du Requiem dirigé par Karl Bohm, dont je recommande vivement l’écoute afin d’apprécier ce chef d’œuvre à sa juste mesure. Nécessité de la lenteur pour le Requiem !

W. A. Mozart, Requiem KV 626, Wiener Philharmoniker, direction Karl Böhm (1971) ; CD Deutsche Grammophon 413553-2.