24 févr. 2009

Porno Chic

Comme tout le monde le sait, les recherches les plus fréquentes sur Google sont pour la plupart liées au sexe. Il nous arrive à tous, parfois mais pas toujours, pour n'importe quelle requête, de trouver des liens roses parmi les résultats de recherche.

Le référencement des sites sur Internet est un beau merdier, paraît qu'il existe même des doctorats en algorithmes de référencement...c'est dire la complexité de bien rendre visible son site internet dans l'univers chaotique de la toile. Il s'agit donc d'une science à part entière, l'étape critique de la mise en ligne d'un contenu web. Il est alors utile de rappeler que cette tâche a un coût, tandis que son efficience n'est pas totalement démontrée.

Ainsi, en France, le Conseil général de la Gironde - département lourdement touché par les récentes tempêtes- lance une campagne de communication rudement originale et probablement très efficace pour attirer les touristes en Gironde. Le site est déjà à la disposition des internautes pour les aider à trouver leur point G.

Humour, originalité...
Les algorithmes peuvent aller se rhabiller!

23 févr. 2009

Les Oscars et le culte de la Shoah

Lu sur le Jerusalem Post:


Les Oscars ont souvent distingué des films traitant de la Shoah. Certains observateurs se demandent alors si des studios hollywoodiens ne misent pas sur des films décrivant les horreurs de la Seconde Guerre mondiale pour augmenter leurs chances de recevoir une statuette.

Cette année, l'actrice américaine Kate Winslet est récompensée pour son rôle d'ancienne gardienne de camps de concentrations dans le film "Le liseur". Un nombre inhabituel d'œuvres consacrées de près ou de loin à la barbarie nazie sont sortis sur les écrans nord-américains à l'automne, saison préférée pour les films candidats aux Oscars : Le garçon en pyjama rayé, Walkyrie, Adam resurrected, Les insurgés et Le liseur.

Cette dernière œuvre a obtenu cinq nominations dans les catégories du meilleur film, du meilleur réalisateur et de la meilleure actrice. Pourtant, le journaliste new-yorkais Ron Rosenbaum, auteur d'un livre sur Hitler, a qualifié Le Liseur de "pire film jamais tourné sur la Shoah".
"Il s'agit d'un film dont le ressort métaphorique principal consiste à disculper les Allemands ayant vécu à l'époque nazie de leur complicité pour avoir été au courant de la solution finale", a écrit Rosenbaum sur le site Slate.com.
"Le fait qu'il ait été récemment nommé aux Oscars dans la catégorie meilleur film prouve que Hollywood semble penser que si c'est un film 'sur la Shoah', il doit être honoré, un point c'est tout", a-t-il ajouté.
Andrew Wallenstein, rédacteur en chef adjoint du journal américain The Hollywood Reporter, est allé jusqu'à accuser les studios d'"exploiter une tragédie pour obtenir la gravité (cinématographique) conférée par la Shoah", lors d'un entretien à la radio. "Il faut le dire: la raison pour laquelle il y a tellement de films comme cela est qu'ils sont des appâts pour obtenir des récompenses", a-t-il confié.
En 1994, La liste de Schindler avait obtenu sept Oscars. Neuf ans plus tard, Le pianiste en recevait trois à son tour. En 2008, le trophée du film étranger est revenu aux Faussaires, un film autrichien se déroulant dans un camp nazi, neuf ans après avoir récompensé La vie est belle de Roberto Benigni.
Annette Insdorf, auteur d'un essai sur le cinéma et la Shoah, reconnaît que de nombreux films sur le génocide des Juifs ont été récompensés aux Oscars, mais que cela traduit davantage "la fascination (de Hollywood) pour des histoires de conflit, de lutte et de rédemption".

22 févr. 2009

C'était sympa

Hier soir, premier poker du gang!
Vraiment sympa, d'autant plus que j'ai fait finale!

A la table, 7 joueurs confirmés, dont trois journalistes de Tel Quel bougrement sympathiques. Les conversations pendants les coups étaient particulièrement intéressantes, notamment avec Fahd et Youssef. On a parlé des PUA (pick up artist), Youtube, de MMA, et de poker bien évidemment.

J'ai eu très peu de jeu, surtout vers la fin, donc impossible de gagner.
Le troisième a permis à l'autre finaliste de doubler son pot, et avec l'augmentation des blindes, c'en était fini de moi (+ 2 mains misérables, fatales : 7/2 puis Q/2 en finale, c'est pas beau).

Je rentre chez moi à 1h43, avec 200 balles en poche, et un goût d'inachevé: j'aurais du gagner. Mais comme le dit si bien Roger Federer, "ce n'est pas toujours le meilleur qui gagne".


16 févr. 2009

Trop c'est trop

"Noura Al-Fayez, nouvelle vice-ministre de l'éducation pour les affaires des filles, est devenue la première femme à entrer au gouvernement d'Arabie saoudite, un pays où la religion impose une stricte séparation des sexes. "C'est une source de fierté pour toutes les femmes", a estimé Mme Al-Fayez dans la presse saoudienne, saluant la décision du roi Abdallah comme "une heureuse initiative"."

Les saoudiens ont une ministre. Youpi, Mazeltov!
Fin des réjouissances, revenons à présent sur le texte en gras. Traduction: en Arabie Saoudite, dans un pays musulman, dans tout pays musulman, la religion, soit l'Islam, impose une stricte séparation des sexes.
Est-ce qu'on parle ici de l'Islam du Moyen Age ? Celui des Wahhabites? De l'Islam des bédoins? De l'Islam de mon père et de ma grand-mère? Ou de l'Islam global?
Aucun: on parle ici de l'Islam tel que le conçoit l'occidental ignorant moyen, brillamment représenté ici par l'auteur de ces lignes et ses superviseurs.

J'ignorais que l'Islam prônait une telle aberration. Depuis que j'existe, partout où je me trouve dans ce pays, il y a des femmes. C'est étrange, non? Au Maroc, les écoles et universités sont mixtes, comme c'est bizarre. Pourtant on est en terre d'Islam... Évidemment, je ne suis pas dupe: de telles pratiques existent, et c'est regrettable en effet.

Avant même de cliquer sur le lien de l'article, je m'attendais je l'avoue à y lire des sornettes de ce genre, une énième manifestation de la bassesse et de l'amateurisme journalistique du Monde. Mais ici, il faut lire entre les lignes, car c'est encore plus surnois qu'il n'y parait. Permettre à un journaliste de publier une telle bêtise pourrait être tolérable si c'était dans un journal à tirage local, mais là, cil s'agit d'un onglet Mozilla qui renvoie au site du Monde, un lien qui a probablement été cliqué des centaines de milliers de fois dans le francophonie connectée au net.
Et asséner de tels mensonges sur une religion, recourir volontairement à des raccourcis intellectuels aussi malhonnêtes et perfides n'est certainement pas une erreur. Il s'agit d'un acte prémédité, indissociable de la ligne éditoriale de ce journal. On lit ça, vite fait, le texte fait onze lignes. Et dire que j'en ai tiré plus du double, j'ai honte de moi, vraiment.

Halte à la chasse aux sorcières: l'Islam qu'évoque cette presse n'existe que dans les grottes des talibans, un monde musulman où toutes les femmes sont voilées, où les gens savourent des séances de lapidation en sirotant un thé à la menthe, où tous les hommes sont mariés à des filles de 12 ans, où tous les hommes portent des ceintures d'explosif, un Islam qui n'est finalement que la projection mentale d'une haine viscérale des arabes et du monde musulman. Une haine qui émane, relativisons avec prudence, de certains occidentaux, et en l'occurence, des rédacteurs du Monde, qui se bornent à généraliser sans cesse sur la même thématique: la méfiance de l'Islam.




12 févr. 2009

De Hawaï au Japon, l’océan poubelle



Par Kathy Marks et Daniel Howden, The Independent, 5 février 2008

Une « soupe plastique » de déchets flottant dans l’Océan Pacifique prend de l’ampleur à une vitesse alarmante et couvre maintenant une surface représentant le double de celle des Etats Unis, ont déclaré les scientifiques. Ce vaste amas de débris - en fait la plus grande décharge mondiale - est maintenu en place par les courants marins. Cette « soupe » flottante s’étend à travers le Pacifique nord depuis une distance d’à peu près 500 miles nautiques de la côte Californienne, puis dépasse Hawaii et continue de s’étendre pratiquement jusqu’au Japon.

Charles Moore, un océanographe Américain qui a découvert cette « Grande Zone d’Ordures du Pacifique » également nommée « Vortex d’Ordures », estime que près de 100 millions de tonnes de débris flottants circulent dans la région. Marcus Eriksen, l’un des directeurs de recherche de l’Algalita Marine Research Foundation, basée aux Etats Unis, déclarait hier :

« Au début, les gens se sont imaginé que c’était une île de déchets plastiques sur laquelle on aurait pratiquement pu marcher. Ce n’est pas tout à fait ça. C’est pratiquement une soupe plastique. Elle s’étend sur une surface dont la taille équivaut peut-être au double de celle du continent des Etats-Unis. »

Curtis Ebbesmeyer, un océanographe et une autorité reconnue dans le domaine des épaves, a retracé l’accumulation des plastiques dans la mer depuis plus de 15 ans et compare ce Vortex a une entité vivante : « Cela se déplace, tel un grand animal sans laisse. »

« Quand cet animal se rapproche de la terre, comme il le fait sur l’archipel Hawaiien, les résultats sont dramatiques. L’accumulation de déchets se déverse, et vous avez une plage couverte de confettis de plastique », ajoute-t-il.

Cette « soupe » est en fait constituée de deux régions reliées, de chaque coté des îles de Hawaii, connues sous le nom de Ceinture de Déchets du Pacifique Ouest et Est. A peu près un cinquième des débris - des ballons de football aux kayaks en passant par des blocs de Lego et des sacs en plastique - est jeté par dessus bord de bateaux ou de plateformes pétrolières. Le reste vient de la terre ferme.

Mr Moore, un ancien marin, a traversé la mer de déchets par hasard en 1997, en prenant un raccourci durant une régate allant de Los Angeles à Hawaii. Il avait dirigé son navire dans le « Tourbillon du Pacifique Nord » - un vortex où l’océan circule lentement compte tenu du peu de vent et des systèmes atmosphériques de très haute pression. Les marins l’évitent en général.

Il a été atterré de se voir entouré de déchets, jour après jour, à des centaines de miles de la terre. « A chaque fois que je montais sur le pont, je voyais des déchets flotter », dit-il lors d’un entretien. « Comment pouvons nous avoir souillé une telle surface ? Comment est-ce possible que cela ait duré toute une semaine ? »

Mr Moore, l’héritier d’une famille dont la fortune provient de l’industrie du pétrole, a par la suite vendu ses actions et est devenu un militant de la cause environnementale. Il a lancé hier un avertissement : à moins que les consommateurs ne diminuent rapidement leur usage de plastiques jetables, la « soupe » pourrait doubler de taille durant la prochaine décennie.

Le professeur David Karl, océanographe à l’Université d’Hawaii, déclare que des recherches supplémentaires étaient nécessaires afin d’établir la taille et la nature de cette soupe de plastique, mais qu’il n’y avait « aucune raison de ne pas croire » les résultats auxquels est arrivé Algalita.

« Après tout, les déchets plastiques vont quelque part, et il est temps que nous ayons une évaluation complète de la dispersion des plastiques dans l’écosystème marin, et plus spécialement leur comportement et leur impact sur ces écosystèmes. »

Le professeur Karl co-ordonne à l’heure actuelle une expédition avec Algalita à la recherche de la ceinture de déchets qui débutera dans le courant de l’année, et pense que cette étendue de déchets a créé de fait un nouveau type d’habitat marin.

En temps normal, les déchets qui finissent dans les tourbillons océaniques étaient biodégradés. Mais les plastiques modernes sont tellement résistants que des objets datant d’un demi-siècle ont été trouvés dans la décharge du Pacifique Nord. « Chaque petit morceau de plastique conçu pendant les 50 dernières années ayant atterri dans l’océan est toujours là dedans, quelque part », déclare Tony Andrady, un chimiste du Research Triangle Institute, basé aux Etats Unis.

Mr Moore précise que, étant donné que la mer de déchets est translucide et se situe juste sous la surface de l’eau, elle n’est pas détectable sur les photographies prises par des satellites. »Vous pouvez seulement la voir à partir des ponts des bateaux ».

D’après le Programme Environnemental des Nations Unies, les débris de plastique causent la mort de plus d’un million d’oiseaux marins chaque année, ainsi que celle de plus de 100.000 mammifères marins. Des seringues, des briquets et des brosses à dents ont été trouvées à l’intérieur des estomacs de mouettes mortes, qui les ont confondu avec de la nourriture.

On pense que le plastique constitue à 90% de tous les déchets flottants dans les océans. Le Programme Environnemental des Nations Unies a estimé en 2006 que chaque mile carré de l’océan contient 46.000 morceaux de plastique flottant.

Le Dr Eriksen avertit que cette masse d’eau chargée de déchets tourbillonnant lentement constitue également un risque pour la santé humaine. Des centaines de millions de minuscules boulettes de plastiques, ou « granules » - les matières premières de l’industrie plastique - sont perdues ou déversées chaque année, atterrissant au final dans les mers. Ces polluants agissent comme des éponges chimiques attirant des substances crées par l’homme, comme les hydrocarbures et le pesticide DDT.

Ensuite, ils entrent dans la chaîne alimentaire. « Ce qui entre dans les océans entre aussi dans ces animaux et donc dans votre assiette. C’est aussi simple que cela », déclare le Dr Eriksen.