28 avr. 2008

Sang de taxi

Le chauffeur de Taxi est à présent brisé. Tout à fait brisé même.
Finies les fanfaronnades au volant, je lui ai en fin de compte détruit le peu de vie qu'il détenait. Si on appeler ça une vie. J'en avais envie. Depuis longtemps. Trop longtemps. Et parfois, il arrive que les choses dégénèrent. La queue de poisson de trop. La main qui valse autour du rétroviseur pour vous indiquer la voie à suivre pour aller vous faire voir.
La colère qui jaillit tel un geyser.
Et qui jamais ne s'arrête. Il est trop tard.

Alors, je l'ai suivi, tout ce foutu après midi, alors qu'il faisait beau et glassy, j'aurais pu rentrer à l'eau putain... au bout de quelques heures de filature, le sort en a décidé autrement. Une fois à l'arrêt et dans l'obscurité relative d'une ruelle de Lissasfa, tout le monde était effectivement happé par l'incendie de l'usine de matelas, je suis entré par effraction sur son lieu de travail, brisant la vitre passager avant, puis bondissant sur lui, la haine au visage. Je lui bourre l'estomac de coups de poings, lui assène deux ou trois crochets dans le menton. Ce qu'il crie est incompréhensible. Excédé également, je lui réponds: " Espèce de merde infâme, je vais te crever" et, comme il n'y avait plus rien à faire, d'un coup de cric je l'endors.

Réveil à la ferme de Ben Slimane. A la cave.
J'ai fait l'erreur de lui saigner la plante des pieds, il tente de se relever, y parvient mais dérape à chaque fois, parvient à se relever dans ultime effort, quand je brandis vers lui un hachoir avant de frapper dans tous les sens. Je crois avoir coupé quelque chose, son nez ou sa bouche, je ne sais rien d'autre hormis qu'à ce stade, ses hurlements ne veulent plus rien dire. Je pense lui avoir maladroitement coupé la veine jugulaire, son sang jaillit dans tous les sens et salope ma cave. Le sol se dérobe sous ses pieds ensanglantés. Il tombe. Comme un sac de patates. Complètement désarticulé.

Son corps contre le sol, sa tête se retourne vers moi, la face déchirée par la crainte de la mort. Je pose mes deux genoux en plein milieu de son dos et recommence à le planter avec le hachoir. Son sang gicle à présent par petits filets entrecoupés d'un spasme musculaire assez intéressant à observer finalement. Ses yeux sont gagnés par le sang, qui coule à présent de ses narines, inonde sa bouche et sa gorge, manquant de l'asphyxier me semble-t-il.
Des spasmes encore plus forts me font penser à une crise d'épilepsie. Je lui retire alors les derniers lambeaux de ses vêtements, quand il lève vers moi un regard plein d'espoir, avant de voir que je tiens un mehraz à l'ancienne que je lui enfonce violemment dans l'anus.

Je laisse le chauffeur de taxi prendre son mal en patience à la cave et me rends à l'étage pour allumer un feu. Son feu, son dernier. Celui qu'il brûle d'habitude sans gêne, sans être puni.
Le brûleur de la chaudière est tout neuf, les flammes parfaites.
L'incinérateur est fin prêt.
De retour à la cave, je saisis une paire de ciseaux de taille moyenne et me précipite sur un chauffeur de taxi inanimé, fourre ma main dans sa bouche, tire sa langue de toute mes forces et l'extirpe avant de lui dire: "Je suppose que t'as pas grand chose à dire maintenant" et lui lacérer sur la longueur avant de la couper, pratiquement à sa base. Ca ne ressemble à rien une langue mal coupée, alors je la mets dans ma poche. On verra plus tard. A présent, il ne hurle même plus. Il me semble bien qu'il pleure. Ou est-ce du sang mélangé à de la lymphe? Je ne sais plus. Une terrible montée de fureur envahit mon cerveau, ma conscience n'est plus, je lui saisis violemment ses pieds ensanglantés, le trainant derrière moi sur l'escalier menant à l'étage. Sa tête heurte le sol avec force, rythmant cette montée. Je le projette tête la première dans la chaudière. Il hurle. Je referme le volet de la chaudière. Au bout de trois minutes, sa graisse coule déjà par les fentes mal finies du volet.