27 janv. 2006

Histoire courte, très courte


…et le Coffre de l’Unité Immaculée avait été dérobé la veille, dans un bain de sang qui marquera à jamais le peu d’histoire qu’il leur reste, ces pauvres fous. Impuissants devant la force de la bête, les gardes suisses ont - évidemment - tous été éliminés.

"- Je dois dès à présent reprendre le chemin de la destinée qui est mienne, et toi aussi. Il est temps de nous quitter. On attend mon rapport. Je te rappelerai. Je t'aime.

Par un râle, je lui signifiais mon amour.
Elle n’a jamais été aussi belle que dans la mort. Je l'aime autant qu'elle m'aime. Mais le temps a tout détruit autour de nous, et je dois également disparaître. Je retire mon oreillette. Elle est tâchée de sang. Ma tête tourne, tout est fini. Je pars.

"- Mais avant cela… j’ai une dernière petite chose à faire, un service que je dois LEUR rendre coûte que coûte, après quoi, lancez comme convenu le Liminoscope Delta 13. Programmez-le sur 23h précises et attendez moi. Je reviens tout de suite. »


Elle savait que l’heure était venue de partir. Elle avait toutefois une dernière mission à accomplir. Sans cela, ILS ne lui auraient jamais pardonné son erreur. Elle s’approcha de lui en lui tendant la main. Une main blanche à la douceur divine:

« - Ferme les yeux et ouvre grand la bouche mon petit...

- Mais, pourquoi? J'ai trop peur!

- Mais non, ne crains rien. De quoi as-tu peur?

- Je ne sais pas, hurla-t-il. Mais je tremble, j'ai peur. Vous me faites peur. Laissez moi tranquille!

- Ne sois pas stupide,Tetsuo. Seuls les âmes souillées par le mal et les imbéciles craignent l'inconnu. Tu es tout seul Petit Homme. La Peur a fait s'écrouler ton ultime espoir. Tu dois mourir.

- Je ne veux pas mourir. Pas maintenant. Je veux VIVRE. »

Une détonation sauvage, un cri effroyable, une odeur de souffre et de sang séché envahit l’espace. Je me pince les narines. 22h59. La lumière s'intensifie dans le ciel rouge.L’heure est venue d’accomplir ma destinée.

« - OK. Maintenant ferme les yeux. Ouvre grand la bouche. J’y suis presque.

… Dorénavant, tout ira mieux, tu verras. »

C'est de moi.

Bienvenue chez les fous.